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Message par defaut Genève durcit le ton dans un beau quartier

le Mar 24 Oct 2017, 05:51
Malgré une interdiction en vigueur, la prostitution déborde toujours du boulevard Helvétique sur les Tranchées. Suite aux doléances des habitants et à une réévaluation de la police, le Conseil d’Etat élargit le périmètre d’interdiction

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Depuis quelques jours, les habitants du quartier des Tranchées à Genève s’accrochent à un nouvel espoir: voir la prostitution reculer dans leurs rues qui, le soir venu, appartiennent trop souvent aux filles de joie. Le Département de l’économie et de la sécurité (DSE) a en effet durci le ton dans ce quartier chic, en élargissant le périmètre d’interdiction de l’exercice de la prostitution.

«Suite à une réévaluation de la situation par la police, le Conseil d’Etat a modifié l’arrêté initial de 2014 limitant l’exercice de la prostitution au boulevard Helvétique, confirme Nicolas Bolle, secrétaire général adjoint du DSE. Il exclut désormais aussi les rampes de celui-ci, qui montent aux Tranchées. Le but étant que la prostitution ne déborde pas sur les quartiers d’habitation.»

Suggérée par des riverains au magistrat de tutelle, Pierre Maudet, l’extension de l’interdiction aux rampes reliant le boulevard Helvétique à la rue Emilie-Gourd a été analysée par la police. Verdict: elle pourrait avoir une influence positive sur les nuisances, mais un effet négatif sur la circulation, à cause de la concentration des prostituées sur le boulevard. Le conseiller d’Etat a pourtant tranché.

«Beaucoup de trafic et de déchets»

Si ce nouveau périmètre frappé d’une interdiction ne représente qu’un mouchoir de poche, il illustre un problème qui empoisonne les riverains et fâche les travailleurs du sexe depuis longtemps.

Les premiers font valoir leurs doléances depuis 2010, ainsi résumées par un habitant soucieux de son anonymat: «La prostitution sous nos fenêtres génère beaucoup de trafic nocturne. Ainsi que de nombreux déchets, préservatifs, mouchoirs, bouteilles. Détail trivial: comme les prostituées n’ont pas de toilettes à disposition, elles font aussi leurs besoins dans les allées.»

«La passe à cinquante francs n’est plus une exception»

Au boulevard Helvétique en effet, point de maisons closes; le sexe tarifé s’y pratique à tous vents. Les péripatéticiennes n’ayant pas de pied-à-terre où exercer, les passes se concrétisent plus souvent dans les voitures des clients qu’au domicile de ceux-ci ou à l’hôtel.

C’est la spécificité de ce secteur qui avait la réputation d’une prostitution «bas de gamme», eu égard notamment aux tarifs pratiqués. «Si ceux-ci étaient en dessous de ceux ayant cours dans le milieu, notamment aux Pâquis, ce n’est plus réellement le cas aujourd’hui, corrige Silvain Guillaume-Gentil, porte-parole de la police cantonale. La concurrence a nivelé les tarifs et «la passe à 50 francs» n’est plus une exception dans le canton.»

Reste le côté «sans domicile fixe» de cette prostitution-là, qui pousse naturellement clients et prostituées à remonter vers le calme des Tranchées. «Il arrive que des relations tarifées se déroulent effectivement vers la rue Charles-Sturm», admet le porte-parole de la police. Plusieurs habitants ont donc agi par voie de pétition, laquelle a débouché, en 2014, sur un arrêté du Conseil d’Etat. Il s’appuie sur la loi qui prévoit que l’exercice de la prostitution peut être interdit dans les quartiers ayant un caractère prépondérant d’habitations. Depuis début octobre, nouveau coup de rabot.

«Une médiation avec les riverains aurait peut-être porté ses fruits»

Si les habitants saluent cette décision des autorités, elle déçoit Aspasie, l’association de soutien aux travailleurs du sexe: «Nous constatons avec regret cette nouvelle interdiction, pour laquelle nous n’avons pas été consultés, dit Isabelle Boillat, l’un des coordinatrices d’Aspasie. C’est dommage, car une médiation avec les riverains aurait peut-être porté ses fruits, comme nous avons pu le faire par le passé dans le quartier des Pâquis.»

Possible, même si, dans les deux zones, le cliché rencontre sa réalité: mixité sociale, commerces bigarrés et agitation nocturne dans l’un; professions libérales, opulence et tranquillité dans l’autre. Il n’en reste pas moins vrai que les Tranchées sont à ce jour le seul quartier de Genève où la prostitution est interdite. Et s’il venait aux Pâquisards la fantaisie de se mobiliser contre le racolage et les salons de massage?

Avec la gentrification croissante de ce quartier populaire, cette éventualité est-elle extravagante? «Personne ne se plaint de la prostitution aux Pâquis, répond Nicolas Bolle. C’est historiquement un quartier chaud, accepté comme tel par la population. Les problèmes émergent lorsqu’un développement soudain de la prostitution prend forme dans un nouveau lieu, ce qui alerte les autorités. C’est le cas des Tranchées.»

Pression financière

Si les habitants du quartier saluent aujourd’hui la décision des autorités, ils savent leur espoir lié aux patrouilles quotidiennes de la police, qu’ils ont trouvée bien molle jusqu’ici. Aspasie, de son côté, craint pour les prostituées, qui encourent une amende notifiée sur-le-champ en cas d’infraction: «Le bus de l’association Boulevards accueille régulièrement des femmes amendées pour avoir exercé dans le périmètre non autorisé, atteste Isabelle Boillat. Pour elles, cette nouvelle interdiction est une pression financière de plus.» Pour autant, l’association ne se reconnaît pas le droit de contrôler leur comportement. Nul doute que de cette vigilance les habitants se chargeront.

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