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Message par defaut Re: Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

le Dim 30 Déc 2018, 22:40
Réputation du message : 100% (3 votes)
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit: Pour en revenir à notre problème, ou plutôt au mien,
Oui merci de le préciser

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit: j’aimerais bien que l’on me précise ce qu’il faut entendre pour le STRASS par l’expression : « INTÉRÊTS DES CLIENTS » ! C’est quoi ceux-ci exactement pour celui-ci ?
Je vais publier ici un article qui se trouve en accès libre sur leur site :

Lettre ouverte à Cécile Duflot
A l’attention de Cécile Duflot,
Secrétaire nationale des Verts,

Madame,

Le mouvement du NID vous a récemment écrit pour dénoncer la tenue d’un débat sur la prostitution à la mairie du 2eme arrondissement de Paris, accusant votre parti de soutenir la “mouvance libérale-proxénète et l’industrie du sexe” et en mettant en cause notre syndicat et ses membres.

Nous tenions donc à vous apporter ces précisions:
– Le STRASS, Syndicat du TRAvail Sexuel a été fondé il y a un an lors des Assises de la prostitution de 2009 au Théâtre de l‘Odéon.
– Le STRASS est composé de 300 membres sur toute la France et de plus de 600 sympathisants.
– Les membres actifs du STRASS doivent être travailleurs du sexe ou ayant eu une expérience du travail du sexe et sont les seuls à avoir le droit de vote et d’être élu. Leur adhésion est gratuite.
– Les membres passifs du STRASS sont celles et ceux qui souhaitent nous soutenir. Ils peuvent participer au travail de l’association mais n’ont ni le droit de vote ni d’être élu. Leur adhésion est à partir de 5 euros.
– Le CA du STRASS est donc composé uniquement de travailleurs du sexe.
– Les personnes travaillant dans des positions d’employeurs, producteurs ou managers ne sont pas autorisées à adhérer au STRASS, même en tant que membre passif de soutien.
– Le STRASS est composé de 10% d’hommes, 20% de trans’ et 70% de femmes biologiques.
– Le C.A. du STRASS représente également cette diversité de genre avec des femmes biologiques aux postes décisionnels de secrétaire générale et porte parole.
– La majorité des membres du STRASS sont des travailleurs du sexe de rue.
– En contraste, le mouvement du NID n’a pas de travailleurs du sexe parmi ses membres, en tout cas pas officiellement et certainement pas dans ses organes de prise de décision.

Quant à nos positions politiques:
– Le STRASS ne lutte en effet pas contre la prostitution mais pour les droits des travailleurs du sexe dont celui d’exercer leur travail qu’il le soit par choix, contraintes ou circonstances.
– Le STRASS ne défend pas les intérêts des proxénètes ni ceux de l’industrie du sexe mais ceux des travailleurs et travailleuses du sexe.
– Le STRASS ne tait pas les violences infligées aux travailleurs du sexe mais les dénonce dont celles des personnes et organisations abolitionnistes.
– Ce que nous appelons “putophobie” est l’ensemble des discriminations que nous subissons dont celles issues des personnes et organisations abolitionnistes qui militent contre nos droits, pour la répression de nos clients et de l‘organisation de notre travail, confisquent nos paroles, nous décrivent comme incapables de nous exprimer et de nous organiser politiquement sans leur bienveillante aide, refusent de reconnaitre les mots que nous employons pour nous auto-désigner, et sous-entendent entre autres que nous serions des proxénètes.

Sur le proxénétisme en particulier, le STRASS s’est régulièrement exprimé contre toute forme de salariat ou d’exploitation du travail sexuel, et donc de proxénétisme. Or, les lois sur le proxénétisme sont le plus souvent contre-productives et criminalisent autant si ce n’est plus les travailleurs du sexe plutôt que les proxénètes. Ces lois servent à nous exclure du droit commun en nous créant un statut à part, celui d’inadaptées sociales qui a été crée par les ordonnances de 1960 en même temps que le délit de proxénétisme.

Les lois sur le proxénétisme criminalisent et empêchent entre autres:
– Le fait de passer des petites annonces dans la presse ou sur Internet
– Le fait de travailler à plusieurs pour sa sécurité
– Le fait de louer un studio pour y travailler
– Le fait de travailler en établissement
– Tout acte d’aide à la prostitution et donc toute forme de solidarité entre nous
– Le fait de prêter sa camionnette à une collègue
– Toute transaction économique en particulier dans l’organisation de son travail
– Le fait que quelqu’un vive d’une partie de nos revenus, incluant nos maris, membres de notre famille et enfants majeurs.

Le paradoxe de ces lois font que nombreux sont les travailleurs du sexe qui font appel à des proxénètes pour ne pas être criminalisés eux/elles-mêmes. Elles ne nous offrent d’ailleurs aucune réelle protection puisque les plaintes des travailleurs du sexe sont rarement enregistrées par la police quand nous ne sommes pas directement arrêtées à la suite d’un dépôt de plainte.
Nous exigeons donc l’abolition de ces lois, et que les lois du droit commun et le code du travail contre les violences, l’extorsion de revenus et l’exploitation soient appliquées pour nous comme à tout autre citoyen et travailleur.

Quant à nos membres pris à parti:
– Thierry Schaffauser et Maitresse Nikita sont en effet deux hommes.
– Thierry Schaffauser est travailleur du sexe depuis 7 ans, a commencé à travailler dans la rue Place de la Porte Dauphine à Paris, et vit et travaille désormais à Londres en tant qu’escort et acteur dans l’industrie porno gay britannique.
– Maitresse Nikita a été également travailleur du sexe pendant plus de 30 ans et est spécialisé dans la domination.
– Vous les avez déjà rencontré avec Yann Werhling quand ils étaient membres du groupe activiste Les Putes.
– Ce sont deux anciens militants d’Act Up-Paris et donc bien connus de nombreux membres des Verts.
– D’autant plus que Maitresse Nikita aka Jean François Poupel est lui-même membre des Verts et que Thierry Schaffauser l’était jusqu’à son départ de France et qu’il a même été candidat pour les Verts aux municipales de 2008 sur la liste de Pascale Ourbih dans le XVIème arrondissement de Paris.
– Ils sont tous deux membres du C.A. du STRASS car ils ont été élus par nos membres lors de notre dernière Assemblée Générale.
– Thierry Schaffauser est cependant responsable des relations internationales du STRASS et non de notre communication contrairement à ce que dit le mouvement du Nid.
– Dans la présentation de leur atelier sur la fierté d’être travailleur du sexe présentée lors de la conférence européenne des sex workers, ils n’ont jamais conseillé aux femmes travailleuses du sexe de taire la violence qu’elles pourraient subir mais de se méfier des journalistes qui enferment nos paroles dans un registre testimonial victimisant quand nous voulons faire part de l’analyse politique de notre oppression.
– L’accusation et le soupçon de proxénétisme ou de manipulation par des proxénètes est une constante de la part des abolitionnistes contre tout mouvement et prise de parole des travailleurs du sexe depuis la naissance de notre mouvement en 1975 avec l’occupation des églises.
– Ces accusations ont été adressées à l’encontre de plusieurs membres des Verts qui ont soutenu les droits des travailleurs du sexe ou participé à nos mouvements dont Anne Coppel qui pourra témoigner de son expérience en tant qu’une des fondatrices des Amis du Bus des femmes.

Suite à ces différentes mises au point, nous aimerions que les Verts soutiennent plus clairement les mouvements de travailleurs du sexe.

Nous aimerions vous inviter personnellement à assister aux Assises de la prostitution qui auront lieu au Sénat le 24 mars prochain pour que vous puissiez faire par vous-même votre propre opinion sur qui nous sommes.

Dans l’attente d’une réponse rapide et favorable, veuillez agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Pour le STRASS,
Cadyne,
Secrétaire Générale
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Yao Jym
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Message par defaut Re: Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

le Dim 30 Déc 2018, 23:28
Merci, Escort, pour ces informations ci-dessus utiles pour moi comme certainement pour d'autres.
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looann
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Message par defaut Re: Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

le Lun 31 Déc 2018, 09:14
Bonjour Yao Jym

Une précision sur mon intervention qui visiblement a été très mal interprétée puisque vous êtes monté sur vos grands chevaux.
Lorsque je dis que le STRASS ne s'occupe pas des intérêts du client c'est juste parce que le STRASS est un syndicat de TDS, lorsqu'une TDS rencontre un problème elle peut en faire part au STRASS pour trouver de l'aide, chose qui ne sera pas faite pour un client, voilà mon raisonnement.

Mais il serait plus simple de dire ce que vous entendez par l'intérêt des clients ?
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Yao Jym
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Message par defaut Re: Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

le Mar 01 Jan 2019, 09:30
Les intérêts des clients de prostituées c’est à mon avis que tout se passe bien lorsqu’ils désirent aboutir sexuellement avec celles-ci. Il y a certaines de celles-ci qui prennent l’argent de ceux-ci mais s’arrangent souvent délibérément pour les faire éjaculer malgré eux en dehors de leur vagin. Est-ce pour cela que ceux-ci deviennent alors violents avec celles-ci ? Je n’en sais rien !

Je vous souhaite à toutes et à tous que vos rêves d’escort(e)s mais aussi de femmes et d’hommes comme les autres se concrétisent enfin au cours de l’année 2019.
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looann
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Message par defaut Re: Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

le Mar 01 Jan 2019, 14:52
Bonjour Yao Jym, et tous mes voeux pour cette nouvelle année

En sorte vous voudriez que le STRASS ait une position arbitraire lors de rencontres à problèmes? (enfin dans ce que vous dites)
Je pense que vous ne comprenez pas ce pour quoi le STRASS a été crée, et puis c’est bien beau toussa mais dans ce cas quelles seraient les conditions pour affirmer qui a raison lorsqu’il y a un différent?

L’absence de règlementation en matière de prostitution n’est pas pour arranger ces situations et de toute évidence certaines personnes en abusent, de part et d’autre.
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Yao Jym
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Message par defaut Pour moi la prostitution est une sorte d’échange de bons sentiments

le Mar 01 Jan 2019, 17:50
Bonjour Looann,
 
Vous m’écrivez :
 
“En sorte vous voudriez que le STRASS ait une position arbitraire lors de rencontres à problèmes ? (enfin dans ce que vous dites). Je pense que vous ne comprenez pas ce pour quoi le STRASS a été créé, et puis c’est bien beau tout ça mais dans ces cas quelles seraient les conditions pour affirmer qui a raison lorsqu’il y a un différent ?”
 
Non je ne demande rien du tout au STRASS ni à qui que ce soit d’autre !
 
À chaque fois que j'ai été victime d'une arnaque comme celle que j'ai décrite ci-dessus, ce qui ne fut quand même que très rarissime, je ne suis jamais revenu voir la même fille qui m'avait en quelque sorte volé par rapport à notre "contrat".
 
J'ai lu une affaire actuelle de ce genre par laquelle le client avait signalé dans une lettre anonyme à la police qu'il avait alors été volé de 300 € par une prostituée occasionnelle et voisine de celui-ci : celle-ci a été condamnée à plusieurs mois de prison avec sursis et à une petite amende et quant au client lui je ne m'en rappelle plus.
 
Je suis aussi bien contre la justice qui tue que contre la justice qui punit.
 
Surtout qu'elle punit bien souvent des malades et que toutes formes de délits et de crimes confondus il y a actuellement en France d'après mes connaissances à ce sujet environ 65 % de récidives. Et là où il y a le moins de récidives c'est là où justement les féministes avec l'aide des médias font le plus d'histoires : 5 % seulement de récidives pour les violeurs. Je trouve qu'il y a actuellement trop d'interdictions de toutes sortes qui ne servent à rien du tout, sauf à punir dans un but de vengeance, comme c'est le cas pour les féministes en matière d'achats d'actes sexuels, qu’elles considèrent comme un viol.
 
Je ne sais pas combien de prostituées j'ai pu connaître effectivement de juillet 1965 à décembre 1972. Peut-être plusieurs centaines car au moins au début j'en voyais une au moins une fois par semaine. Dès fois c'était la même d'autre fois c'était bien sûr une autre.
 
Ça n'a pas empêché pour autant ma fidélité vis-à-vis de ma femme bien que notre mariage depuis 1973 ne soit toujours pas consommé du fait de troubles psy ou d’une maladie psy de celle-ci pour laquelle soit elle refuse les soins soit elle ne persévère pas dans ceux-ci. Et cela grâce à mon avis justement aux prostituées que j'avais connues avant celui-ci. Car sinon j'aurais alors été sans aucune expérience des femmes et des rapports sexuels avec celles-ci encore bien plus perturbé que je ne l'ai alors été effectivement au moins quelques années après le début de mon mariage. Or toujours à mon avis plus on est perturbé psychologiquement et surtout si les causes sont sexuelles, moins on se contrôle physiquement, et plus alors on va voir ailleurs. À ma connaissance c’est bien notre ménage qui détient toujours actuellement le record du monde des mariages non consommés dans la fidélité réciproque. Et quand j’ai appris que celui-ci était de 24 ans par le Dr Gilbert Tordjman (président de l’Association mondiale de sexologie à l’époque) à l’émission sur ceux-ci de TF 1 autrefois, nous en étions, nous, déjà en réalité, à 28 ans.
 
Pour en revenir à la prostitution j’ai aussi le désaccord suivant avec les féministes : pour elles l’argent est justement le symbole de la violence et du pouvoir des hommes sur les malheureuses prostituées qui n’ont pas soi-disant d’après elles choisi leur métier. Quant à moi je pense comme Freud que l’argent est le symbole de l’amour (en réalité du caca que le petit enfant offre à sa mère pour avoir ainsi l’amour de celle-ci), même si celui-ci a dit cela au sujet de la relation client/psychanalyste et non pas au sujet de la relation client/prostituée. En tous les cas pour moi la prostitution est une sorte d’échange de bons sentiments : l’un donne à l’autre le plaisir de manger, d’avoir un toit, des vacances, etc. et cet autre en retour et en échange donne à celui-ci le plaisir de jouir de ses charmes, de son corps, de son sexe…
 
Mais je m’arrête là…
 
Bien cordialement à vous Looann,
 
Yao JYM
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