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Yao Jym
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Message par defaut Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

le Ven 28 Déc 2018, 22:32
Rappel du premier message :

Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

Bonjours cher(e)s ami(e)s,
Je suis à la recherche toujours de divers avis de toutes sortes en rapport avec la demande de censure de la loi prostitution 2016 faite par-devant le Conseil constitutionnel par des ONG et sur laquelle celui-ci se prononcera janvier 2019.
En cherchant l’avis à ce sujet du Front national que je n’ai justement pas trouvé en revanche j’ai découvert d'une part que celui-ci avait voté en 2016 contre la loi prostitution ce dont je me réjouis et d’autre part l’article que j’ai reproduit intégralement en P.-S. à ce présent message.
Je remarque deux choses dans celui-ci qui s’adressent directement à moi en tant qu’ancien client de jeunes prostituées sexy (1965-1972) :
Un client de prostituées qui défendrait le droit à la liberté de se prostituer de celles-ci est passible de poursuites judiciaires pour proxénétisme.
Le Syndicat du travail sexuels (STRASS) a déclaré qu’il ne défend pas les intérêts des clients car ceux-ci n’ont rien à voir avec les intérêts des prostituées.
Je suis assez choqué par cette dernière remarque : mais ne savais-je pas déjà que des prostituées après avoir été payées pour un rapport sexuel d’ailleurs souvent non-consommé n’étaient pas gênées du tout de dénoncer leurs clients à la police pour laquelle justement semble-t-il (d’après la télévision) elles travaillent ?
Bien cordialement à vous toutes et tous,
Yao JYM


COMMENT FAIRE ANNULER LA PÉNALISATION ?
   
Les citoyens attachés aux libertés peuvent remercier chaleureusement Jean Gouyot, pénaliste du fait de son cursus, pour ses démarches actives auprès d'avocats et de politiques visant à faire annuler par le Conseil Constitutionnel la loi scélérate.
Il vient d'ouvrir un blog intitulé Droit et Morale : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Il m'a communiqué un grand nombre de lettres, envoyées et reçues, et de références, qui témoignent de son action inlassable. J'en extrais ci-dessous un certain nombre d'éléments. Les détails juridiques sont trop compliqués pour ce blog qui n'est pas destiné à des juristes, mais n'hésitez pas à me questionner. Je répondrai publiquement ou par courrier individuel, ou bien je transmettrai à Jean Gouyot les questions (je ne suis pas juriste).
Interpellations.

Voyez aussi les articles que je reproduis dans un billet qui suivra bientôt.
Europe 1, 23 septembre 2016 : 249 amendes dressées en seulement six mois.
Un quinquagénaire a été surpris dans la forêt de Fontainebleau, dès le premier jour. D'autres hommes ont par la suite été verbalisés, à Paris, dans le bois de Vincennes mais aussi à Narbonne, qui affiche à elle seule une cinquantaine d'amendes. Dans la plupart des cas, les clients reconnaissent les faits, mais tous ne paient pas l'amende maximum de 1.500 euros. Le montant est adapté en fonction de leurs revenus. En général, ils s'acquittent d'une amende de 300 à 500 euros.
Le Parisien du 10 avril 2017 : Paris : plus de 400 clients de prostituées épinglés depuis un an.
Dans les camionnettes, sur les boulevards des Maréchaux, aux portes de Paris, dans les bois de Boulogne et de Vincennes ou dans des salons de massage, la loi qui pénalise les clients entre en application. Les clients ont été épinglés « en plein exercice, précise une source policière, le pantalon en bas des jambes. »
Le Parisien du 29 Août 2017 : 1164 clients de prostituées interpellés au 1er juin 2017. Titre de l'article : Reconnu coupable lundi d'avoir eu recours à une prostituée, il a engagé un combat juridique contre la loi répressive de 2016.
Des « malfaiteurs » ont été pincés à Paris, à Arras, à Lille, en Savoie, à Valence, et ailleurs.
Il semble que les interpellations se soient passées dans la rue (fourgonnettes, bois de Vincennes et autres, quartiers mal famés) et non dans le cadre de rencontres discrètes négociées sur internet avec des « escortes ». Donc au détriment de clients peu fortunés ou mal informés. Les condamnations n'ont, semble-t-il, jamais dépassé 300 euros, ce qui est loin des 1500 euros prévus par la loi. Mais le Dauphine.com du 9/8/2017 fait état de la possibilité de « peines complémentaires » : confiscation du véhicule, suspension du permis de conduire : un scandale absolu, qui témoigne de caractère totalitaire de notre « république ».
Rien à attendre du STRASS

Voici un extrait d'une lettre à Jean Gouyot (Mai 2016).
Cher monsieur Jean Gouyot,
[…] Nous ne sommes pas à vos ordres et nous vous prions de garder vos directives et insultes pour vous. Nous n'avons besoin de personne pour nous dicter la façon dont nous devrions mener notre lutte ou pas. Vos mails agressifs et insistants ne sont une aide pour personne et pour ma part seront désormais considérés comme des spams et traités comme tels. […]
Si Maître Caballero […] souhaite nous apporter son aide et ses conseils d'une manière ou d'une autre, il sait où nous joindre et je suppose qu'il peut tout à fait se passer de vos services d'intermédiaires et de thuriféraire que personne n'a sollicités. Or, comme vous le savez, nous sommes le Syndicat du travail sexuel : nous défendons les intérêts de travailleurSES du sexe : pas ceux des clients.
Mon commentaire : Crétinisme absolu !
Les « intérêts » de ces travailleurs, il faudrait écrire « les droits », sont inséparables de ceux des clients ! Et ces ridicules majuscules : « travailleurSES ».
Il nous est donc impossible d'intervenir dans la défense de ceux-ci. Si le prévenu arrêté récemment souhaite faire appel à Maître Caballero ou n'importe qui d'autre, je suppose qu'il saura bien le faire tout seul ou peut-être avec votre aide, puisque vous semblez habité par le désir de lui venir en aide, ainsi qu'à tous les clients.
En tant que travailleurSES (sic) du sexe, éluEs (resic) et/ou allié.Es (reresic), nos stratégies, combats, actions et lutte pour nos droits ne vous concernent en rien, pas plus que nos "consciences" ou nos convictions auxquelles vous faites référence. Nous n'avons ni comptes à vous rendre, ni leçons à recevoir. […]
Cordialement (sic ! vue la teneur de la lettre).
MAÎTRESSE GILDA, PORTE-PAROLE, STRASS - SYNDICAT DU TRAVAIL SEXUEL

PS : ceci sera mon seul et unique courriel en utilisant "répondre à tous" et n'appelle aucune réponse.

Une réponse (excellente) de Jean Gouyot :

« Nos combats ne vous concernent en rien » : Vous vous trompez et ce sera ma dernière mise au point avec vous. Le STRASS n'a pas le monopole de la liberté de défendre les travailleurs du sexe. C'est une question qui concerne tout le monde, car bien au-delà de vos humbles personnes, avec cette loi, c'est la liberté de tous qui est en péril. Je considère que le grand malheur, c'est la catégorisation des intérêts individuels. On se cloisonne à son "quant à soi" alors que c'est avec l'autre que l'on est plus fort. Et je vous le dis, même si je ne suis pas client. Je me sens menacé par cette loi car elle ne s'arrêtera pas à vous, aux seuls travailleurs du sexe. Cette loi n'est qu'une étape vers une société plus dure. Et demain ce sera autre chose, je ne sais quoi. Mais encore bien pire. Et moi, quand je me sens menacé au regard des anticipations législatives, je dis qu'il faut savoir réagir.
Cabiria ne vaut pas mieux : Extrait d'une réponse à J. Gouyot (19 avril 2016).

Ce que vous dites, nous le connaissons déjà, je parle ici des assos qui luttent au quotidien avec les travailleuses du sexe. Nous n’avons pas attendu la loi pour ça… du coup, vous me prenez de haut, je vous emmerde à mon tour et vous demande de ne plus nous envoyez de mail. Lâchez les putes ou faites ce que vous avez à faire avec celles que vous connaissez…
Rien à attendre du Sénat ni des députés.

Le Sénat s'était opposé à plusieurs reprises à la pénalisation des clients des prostituées, mais il n’est pas allé jusqu'au bout de sa position en demandant l'annulation de cette loi par le Conseil Constitutionnel. Pourquoi ? La sénatrice Esther Benbassa avait initié des démarches, soutenues par Robert Badinter, ancien garde des Sceaux et autorité incontestable en matière juridique. Elle a pourtant été contactée par Jean Gouyot qui lui a proposé un argumentaire (dont je mettrai en ligne des extraits). Elle a laissé passer le délai de recours au Conseil Constitutionnel. Son opposition était donc pure posture publicitaire.
Les députés qui ont voté contre la pénalisation n'ont rien fait non plus. Tous des lâches ! Voir la faible présence dans l'Assemblée au moment du vote dans mes précédents messages de 2016. Le Front National avait voté contre la pénalisation mais, tout comme E. Benbassa, il se désintéresse des droits des prostitués comme de leurs clients. (En bon français, le masculin pluriel désigne les personnes des deux – voire trois ! – sexes concernés.)
Cela témoigne de la part de tous ces élus, et même de ceux qui s'étaient un temps opposés, d'un mépris profond des droits et libertés, en principe garantis par la Constitution.
Et les tribunaux ?

La possibilité pour les inculpés de poser une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) c'est à dire de faire ce que n'ont pas fait les députés et sénateurs, s'est trouvée jusqu'ici rejetée, au mépris du droit (loi de 2008). 12 personnes vont être poursuivies devant le tribunal de Valence. Vont-elles poser une QPC ? Avec quelle énergie ?
Maître Francis Caballero, 4 av. Chalgrin, 75016 Paris, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] offre gracieusement son aide à tout avocat qui envisagerait de poser une QPC. Maître Nicolas Gardères a posé une QPC à Albertville. Il est question d'un pourvoi en Cassation. Je n'entre pas dans les détails de ces actions judiciaires complexes.
L'argument du tribunal de police d'Albertville laisse perplexe, ainsi que le présente J. Gouyot, d'après ce que l'avocat (Maître C. Thill) lui a expliqué. Le tribunal a écarté la QPC au motif que "la prostitution n'est pas légalisée par la loi du 13 avril 2016, mais entre dans une zone de non droit", donc pas n'est éligible à une QPC. Or, cette thèse, à la lecture notamment du guide pratique des QPC (disponible sur internet), ne sauraient prévaloir. En effet, cf. page 2 du Guide : la QPC est posée devant une juridiction afin que le Conseil Constitutionnel puisse juger si une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit.
ll ne s'agit pas ici, pour le juge d'Albertville, de répondre à la question de savoir si la prostitution est légale, car elle l'est : (1) en application du principe de la Déclaration des Droits de l'Homme (article 5, à valeur constitutionnelle: La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché (et donc la prostitution), et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas, et (2) du fait que la jurisprudence de la CJCE et de la CEDH reconnaissent ces activités en tant qu'activité économique et sur le plan de la liberté sexuelle (pour autant qu'elle s'exerce sans contraintes):  Les libertés, sexuelle et d'entreprendre, sont reconnues par le droit européen : CJCE Jany, Pretty contre Royaume-Uni et K et D. contre Belgique.
Extrait d'une lettre de J. Gouyot au STRASS qui commente ce jugement bizarre.

Jusqu'à cette loi, quand vous faisiez du racolage passif, vous étiez "sujet de droit" en l'occurrence « délinquant », maintenant que l'on a supprimé le racolage passif, vous êtes dans une "zone grise" inexistante juridiquement, vous êtes des non-personnes juridiques, dont l'activité économique est pourtant reconnue par le fisc.

De manière surprenante, le tribunal d'Albertville dit que seule une prostituée indépendante a qualité légitime pour soulever une QPC, pour défendre son activité économique représentée par le client que l'on pénalise. Le Tribunal considère que seule une prostituée non contrainte à cette activité pourrait prétendre qu’elle subit une limite à sa liberté d’entreprendre et en conséquence le client ne pourrait pas défendre cette liberté et que s’il le faisait, il serait alors sous le coup de l’inculpation de proxénétisme.

On refuse à vos clients l'exercice plénier des droits de la défense qui aboutirait à l'annulation de cette loi de pénalisation du 13 avril 2016, en disant que c'est à vous de vous défendre, alors que vous n'êtes pas poursuivie ! Donc, on dénie à vos clients – au mépris du principe constitutionnel des droits de la défense, cf. la décision du 2.12.1976 – le droit de soulever une QPC, alors que c'est un droit absolu, qui ne se discute même pas, car on estime que c'est à vous (qui n'êtes pas poursuivie) de le faire.
Précision sur l'affaire d'Albertville : Le client a été interpellé le 16 janvier 2017 par les gendarmes sur la commune de Saint-Vital, à proximité d’Albertville. Il n’a eu aucune relation sexuelle avec une prostituée parce que les gendarmes sont intervenus avant qu’il ne l’ait fait. Il n’a, de plus, pas payé la prostituée. Il a donc été condamné sans relations sexuelles et sans paiement.
Il a été condamné seulement (100 euros) parce qu’il s’apprêtait à monter dans la camionnette d’une prostituée.
Insupportable flicage.
LIENS VERS L’ARTICLE CI-DESSUS :


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Message par defaut Re: Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

le Dim 30 Déc 2018, 22:40
Réputation du message : 100% (3 votes)
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit: Pour en revenir à notre problème, ou plutôt au mien,
Oui merci de le préciser

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit: j’aimerais bien que l’on me précise ce qu’il faut entendre pour le STRASS par l’expression : « INTÉRÊTS DES CLIENTS » ! C’est quoi ceux-ci exactement pour celui-ci ?
Je vais publier ici un article qui se trouve en accès libre sur leur site :

Lettre ouverte à Cécile Duflot
A l’attention de Cécile Duflot,
Secrétaire nationale des Verts,

Madame,

Le mouvement du NID vous a récemment écrit pour dénoncer la tenue d’un débat sur la prostitution à la mairie du 2eme arrondissement de Paris, accusant votre parti de soutenir la “mouvance libérale-proxénète et l’industrie du sexe” et en mettant en cause notre syndicat et ses membres.

Nous tenions donc à vous apporter ces précisions:
– Le STRASS, Syndicat du TRAvail Sexuel a été fondé il y a un an lors des Assises de la prostitution de 2009 au Théâtre de l‘Odéon.
– Le STRASS est composé de 300 membres sur toute la France et de plus de 600 sympathisants.
– Les membres actifs du STRASS doivent être travailleurs du sexe ou ayant eu une expérience du travail du sexe et sont les seuls à avoir le droit de vote et d’être élu. Leur adhésion est gratuite.
– Les membres passifs du STRASS sont celles et ceux qui souhaitent nous soutenir. Ils peuvent participer au travail de l’association mais n’ont ni le droit de vote ni d’être élu. Leur adhésion est à partir de 5 euros.
– Le CA du STRASS est donc composé uniquement de travailleurs du sexe.
– Les personnes travaillant dans des positions d’employeurs, producteurs ou managers ne sont pas autorisées à adhérer au STRASS, même en tant que membre passif de soutien.
– Le STRASS est composé de 10% d’hommes, 20% de trans’ et 70% de femmes biologiques.
– Le C.A. du STRASS représente également cette diversité de genre avec des femmes biologiques aux postes décisionnels de secrétaire générale et porte parole.
– La majorité des membres du STRASS sont des travailleurs du sexe de rue.
– En contraste, le mouvement du NID n’a pas de travailleurs du sexe parmi ses membres, en tout cas pas officiellement et certainement pas dans ses organes de prise de décision.

Quant à nos positions politiques:
– Le STRASS ne lutte en effet pas contre la prostitution mais pour les droits des travailleurs du sexe dont celui d’exercer leur travail qu’il le soit par choix, contraintes ou circonstances.
– Le STRASS ne défend pas les intérêts des proxénètes ni ceux de l’industrie du sexe mais ceux des travailleurs et travailleuses du sexe.
– Le STRASS ne tait pas les violences infligées aux travailleurs du sexe mais les dénonce dont celles des personnes et organisations abolitionnistes.
– Ce que nous appelons “putophobie” est l’ensemble des discriminations que nous subissons dont celles issues des personnes et organisations abolitionnistes qui militent contre nos droits, pour la répression de nos clients et de l‘organisation de notre travail, confisquent nos paroles, nous décrivent comme incapables de nous exprimer et de nous organiser politiquement sans leur bienveillante aide, refusent de reconnaitre les mots que nous employons pour nous auto-désigner, et sous-entendent entre autres que nous serions des proxénètes.

Sur le proxénétisme en particulier, le STRASS s’est régulièrement exprimé contre toute forme de salariat ou d’exploitation du travail sexuel, et donc de proxénétisme. Or, les lois sur le proxénétisme sont le plus souvent contre-productives et criminalisent autant si ce n’est plus les travailleurs du sexe plutôt que les proxénètes. Ces lois servent à nous exclure du droit commun en nous créant un statut à part, celui d’inadaptées sociales qui a été crée par les ordonnances de 1960 en même temps que le délit de proxénétisme.

Les lois sur le proxénétisme criminalisent et empêchent entre autres:
– Le fait de passer des petites annonces dans la presse ou sur Internet
– Le fait de travailler à plusieurs pour sa sécurité
– Le fait de louer un studio pour y travailler
– Le fait de travailler en établissement
– Tout acte d’aide à la prostitution et donc toute forme de solidarité entre nous
– Le fait de prêter sa camionnette à une collègue
– Toute transaction économique en particulier dans l’organisation de son travail
– Le fait que quelqu’un vive d’une partie de nos revenus, incluant nos maris, membres de notre famille et enfants majeurs.

Le paradoxe de ces lois font que nombreux sont les travailleurs du sexe qui font appel à des proxénètes pour ne pas être criminalisés eux/elles-mêmes. Elles ne nous offrent d’ailleurs aucune réelle protection puisque les plaintes des travailleurs du sexe sont rarement enregistrées par la police quand nous ne sommes pas directement arrêtées à la suite d’un dépôt de plainte.
Nous exigeons donc l’abolition de ces lois, et que les lois du droit commun et le code du travail contre les violences, l’extorsion de revenus et l’exploitation soient appliquées pour nous comme à tout autre citoyen et travailleur.

Quant à nos membres pris à parti:
– Thierry Schaffauser et Maitresse Nikita sont en effet deux hommes.
– Thierry Schaffauser est travailleur du sexe depuis 7 ans, a commencé à travailler dans la rue Place de la Porte Dauphine à Paris, et vit et travaille désormais à Londres en tant qu’escort et acteur dans l’industrie porno gay britannique.
– Maitresse Nikita a été également travailleur du sexe pendant plus de 30 ans et est spécialisé dans la domination.
– Vous les avez déjà rencontré avec Yann Werhling quand ils étaient membres du groupe activiste Les Putes.
– Ce sont deux anciens militants d’Act Up-Paris et donc bien connus de nombreux membres des Verts.
– D’autant plus que Maitresse Nikita aka Jean François Poupel est lui-même membre des Verts et que Thierry Schaffauser l’était jusqu’à son départ de France et qu’il a même été candidat pour les Verts aux municipales de 2008 sur la liste de Pascale Ourbih dans le XVIème arrondissement de Paris.
– Ils sont tous deux membres du C.A. du STRASS car ils ont été élus par nos membres lors de notre dernière Assemblée Générale.
– Thierry Schaffauser est cependant responsable des relations internationales du STRASS et non de notre communication contrairement à ce que dit le mouvement du Nid.
– Dans la présentation de leur atelier sur la fierté d’être travailleur du sexe présentée lors de la conférence européenne des sex workers, ils n’ont jamais conseillé aux femmes travailleuses du sexe de taire la violence qu’elles pourraient subir mais de se méfier des journalistes qui enferment nos paroles dans un registre testimonial victimisant quand nous voulons faire part de l’analyse politique de notre oppression.
– L’accusation et le soupçon de proxénétisme ou de manipulation par des proxénètes est une constante de la part des abolitionnistes contre tout mouvement et prise de parole des travailleurs du sexe depuis la naissance de notre mouvement en 1975 avec l’occupation des églises.
– Ces accusations ont été adressées à l’encontre de plusieurs membres des Verts qui ont soutenu les droits des travailleurs du sexe ou participé à nos mouvements dont Anne Coppel qui pourra témoigner de son expérience en tant qu’une des fondatrices des Amis du Bus des femmes.

Suite à ces différentes mises au point, nous aimerions que les Verts soutiennent plus clairement les mouvements de travailleurs du sexe.

Nous aimerions vous inviter personnellement à assister aux Assises de la prostitution qui auront lieu au Sénat le 24 mars prochain pour que vous puissiez faire par vous-même votre propre opinion sur qui nous sommes.

Dans l’attente d’une réponse rapide et favorable, veuillez agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Pour le STRASS,
Cadyne,
Secrétaire Générale

Yao Jym
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Message par defaut Re: Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

le Dim 30 Déc 2018, 23:28
Merci, Escort, pour ces informations ci-dessus utiles pour moi comme certainement pour d'autres.

looann
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Message par defaut Re: Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

le Lun 31 Déc 2018, 09:14
Bonjour Yao Jym

Une précision sur mon intervention qui visiblement a été très mal interprétée puisque vous êtes monté sur vos grands chevaux.
Lorsque je dis que le STRASS ne s'occupe pas des intérêts du client c'est juste parce que le STRASS est un syndicat de TDS, lorsqu'une TDS rencontre un problème elle peut en faire part au STRASS pour trouver de l'aide, chose qui ne sera pas faite pour un client, voilà mon raisonnement.

Mais il serait plus simple de dire ce que vous entendez par l'intérêt des clients ?

Yao Jym
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Message par defaut Re: Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

le Mar 01 Jan 2019, 09:30
Les intérêts des clients de prostituées c’est à mon avis que tout se passe bien lorsqu’ils désirent aboutir sexuellement avec celles-ci. Il y a certaines de celles-ci qui prennent l’argent de ceux-ci mais s’arrangent souvent délibérément pour les faire éjaculer malgré eux en dehors de leur vagin. Est-ce pour cela que ceux-ci deviennent alors violents avec celles-ci ? Je n’en sais rien !

Je vous souhaite à toutes et à tous que vos rêves d’escort(e)s mais aussi de femmes et d’hommes comme les autres se concrétisent enfin au cours de l’année 2019.

looann
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Message par defaut Re: Le STRASS défend les intérêts des travailleuses du sexe mais pas ceux des clients

le Mar 01 Jan 2019, 14:52
Bonjour Yao Jym, et tous mes voeux pour cette nouvelle année

En sorte vous voudriez que le STRASS ait une position arbitraire lors de rencontres à problèmes? (enfin dans ce que vous dites)
Je pense que vous ne comprenez pas ce pour quoi le STRASS a été crée, et puis c’est bien beau toussa mais dans ce cas quelles seraient les conditions pour affirmer qui a raison lorsqu’il y a un différent?

L’absence de règlementation en matière de prostitution n’est pas pour arranger ces situations et de toute évidence certaines personnes en abusent, de part et d’autre.

Yao Jym
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Message par defaut Pour moi la prostitution est une sorte d’échange de bons sentiments

le Mar 01 Jan 2019, 17:50
Bonjour Looann,
 
Vous m’écrivez :
 
“En sorte vous voudriez que le STRASS ait une position arbitraire lors de rencontres à problèmes ? (enfin dans ce que vous dites). Je pense que vous ne comprenez pas ce pour quoi le STRASS a été créé, et puis c’est bien beau tout ça mais dans ces cas quelles seraient les conditions pour affirmer qui a raison lorsqu’il y a un différent ?”
 
Non je ne demande rien du tout au STRASS ni à qui que ce soit d’autre !
 
À chaque fois que j'ai été victime d'une arnaque comme celle que j'ai décrite ci-dessus, ce qui ne fut quand même que très rarissime, je ne suis jamais revenu voir la même fille qui m'avait en quelque sorte volé par rapport à notre "contrat".
 
J'ai lu une affaire actuelle de ce genre par laquelle le client avait signalé dans une lettre anonyme à la police qu'il avait alors été volé de 300 € par une prostituée occasionnelle et voisine de celui-ci : celle-ci a été condamnée à plusieurs mois de prison avec sursis et à une petite amende et quant au client lui je ne m'en rappelle plus.
 
Je suis aussi bien contre la justice qui tue que contre la justice qui punit.
 
Surtout qu'elle punit bien souvent des malades et que toutes formes de délits et de crimes confondus il y a actuellement en France d'après mes connaissances à ce sujet environ 65 % de récidives. Et là où il y a le moins de récidives c'est là où justement les féministes avec l'aide des médias font le plus d'histoires : 5 % seulement de récidives pour les violeurs. Je trouve qu'il y a actuellement trop d'interdictions de toutes sortes qui ne servent à rien du tout, sauf à punir dans un but de vengeance, comme c'est le cas pour les féministes en matière d'achats d'actes sexuels, qu’elles considèrent comme un viol.
 
Je ne sais pas combien de prostituées j'ai pu connaître effectivement de juillet 1965 à décembre 1972. Peut-être plusieurs centaines car au moins au début j'en voyais une au moins une fois par semaine. Dès fois c'était la même d'autre fois c'était bien sûr une autre.
 
Ça n'a pas empêché pour autant ma fidélité vis-à-vis de ma femme bien que notre mariage depuis 1973 ne soit toujours pas consommé du fait de troubles psy ou d’une maladie psy de celle-ci pour laquelle soit elle refuse les soins soit elle ne persévère pas dans ceux-ci. Et cela grâce à mon avis justement aux prostituées que j'avais connues avant celui-ci. Car sinon j'aurais alors été sans aucune expérience des femmes et des rapports sexuels avec celles-ci encore bien plus perturbé que je ne l'ai alors été effectivement au moins quelques années après le début de mon mariage. Or toujours à mon avis plus on est perturbé psychologiquement et surtout si les causes sont sexuelles, moins on se contrôle physiquement, et plus alors on va voir ailleurs. À ma connaissance c’est bien notre ménage qui détient toujours actuellement le record du monde des mariages non consommés dans la fidélité réciproque. Et quand j’ai appris que celui-ci était de 24 ans par le Dr Gilbert Tordjman (président de l’Association mondiale de sexologie à l’époque) à l’émission sur ceux-ci de TF 1 autrefois, nous en étions, nous, déjà en réalité, à 28 ans.
 
Pour en revenir à la prostitution j’ai aussi le désaccord suivant avec les féministes : pour elles l’argent est justement le symbole de la violence et du pouvoir des hommes sur les malheureuses prostituées qui n’ont pas soi-disant d’après elles choisi leur métier. Quant à moi je pense comme Freud que l’argent est le symbole de l’amour (en réalité du caca que le petit enfant offre à sa mère pour avoir ainsi l’amour de celle-ci), même si celui-ci a dit cela au sujet de la relation client/psychanalyste et non pas au sujet de la relation client/prostituée. En tous les cas pour moi la prostitution est une sorte d’échange de bons sentiments : l’un donne à l’autre le plaisir de manger, d’avoir un toit, des vacances, etc. et cet autre en retour et en échange donne à celui-ci le plaisir de jouir de ses charmes, de son corps, de son sexe…
 
Mais je m’arrête là…
 
Bien cordialement à vous Looann,
 
Yao JYM
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