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HannaH
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Message par defaut « Il n’y a jamais eu de prostitution, c’était des massages érotiques »

le Lun 17 Déc 2018, 19:04
« J’aimerais avoir un discours, monsieur le président, madame le procureur. Cette Cour est connue pour être stricte et sévère. Ça fait deux ans que je suis avec elle, à aucun moment je ne lui ai mis la pression. » Le prévenu a la mise propre et le baratin aisé. Il évoque une sorte de représentant de commerce. Il aura 32 ans dans un mois. Il comparaît ce lundi 10 décembre devant un tribunal réuni en chambre des comparutions immédiates pour le chef de « proxénétisme aggravé » et « blanchiment aggravé ».

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On dit que la procédure est abondante pour ce dossier, fruit d’une enquête complète avec des interceptions téléphoniques. Le prévenu encourt une peine supérieure à 7 ans de prison, aussi a-t-il le droit, puisqu’il veut un délai pour préparer sa défense, de choisir entre un délai court (2 à 6 semaines) ou un délai long (2 à 4 mois). Il choisit sans hésiter le délai court. Il veut être assisté de maître Sauvayre, du barreau de Lyon, qui, empêché ce lundi, a dépêché une collaboratrice, maître Follet, laquelle verrait bien son client sous contrôle judiciaire jusqu’à son jugement puisqu’il a une possibilité d’hébergement « chez sa sœur, à Chalon. Elle devait apporter des justificatifs, mais elle n’est pas là. »

Proxénétisme aggravé : la victime est particulièrement vulnérable

Le parquet (Angélique Depétris) comme l’avocat de la partie civile (maître Sarikan) le verraient bien, eux, maintenu en détention provisoire. Son casier judiciaire est riche de 23 mentions, dont 3 condamnations pour exhibitions sexuelles, 1 pour agression sexuelle et 1 pour violences aggravées. De plus un de ses frères a cherché à entrer en contact avec la victime pendant le week-end, il y a donc un risque de pressions, d’autant que la jeune femme (on la croirait mineure, elle ne l’est pas) est une personne vulnérable, « majeure protégée sous curatelle renforcée ». Elle est assise contre son père qui la tient contre lui, enserrée dans un bras protecteur. A sa gauche, sa curatrice. La jeune femme alterne entre prostration et larmes.

Blanchiment : « achats et ventes de véhicules, sans véhicules »

Maître Follet argue du travail de son client : « il est seul aux commandes de son entreprise de location de véhicules, s’il va en prison, il perdra son travail ».  Or ce travail n’est pas sans rapport avec le dossier puisque le président Therme évoque des « achats et ventes de véhicules, sans véhicules ». Sur ce point comme sur tous les autres, le prévenu si bien mis a à dire : « J’avais gagné un tournoi de poker en Irlande, j’ai eu l’argent par virement bancaire. Je suis quelqu’un de très carré. » Sur ce point comme sur plusieurs autres ce n’est pourtant pas l’impression qu’il donne, en dépit du col rose de son polo posé proprement sur un pull gris clair, en dépit du soin qu’il met à positionner son micro pour s’adresser « à la cour », comme il dit.

« Il n’y a jamais eu de prostitution, c’était des massages érotiques »

Pas très carrée, l’attitude consistant à vouloir impliquer la victime dans le débat, alors que le seul débat du jour est de statuer sur son sort en attendant le jugement : « Demandez-lui, elle est là. Il n’y a jamais eu de prostitution, c’était des massages érotiques, on avait pris la décision ensemble. Depuis ma dernière peine j’ai essayé de me réinsérer. J’ai jamais estimé que je faisais du proxénétisme, c’était pour le couple. Elle n’aime pas son travail, elle gagne 900 euros, alors… Et puis je m’occupe de jeunes à Anse (où il vit, ndla), aujourd’hui, c’est une perte de temps l’incarcération. » Une perte de temps, et visiblement un lieu qui n’est pas à sa hauteur, puisque « quand je vois des jeunes de 20 ans, qui sont bêtes, qui ne savent pas parler… je parle, moi, avec les surveillants, ils ont un autre niveau. »

Business is business

Pas très carrée, la scène du deux qu’il joue pour « la cour » en conclusion de son « discours », et qui cesse à la seconde où le tribunal se retire pour délibérer. « Moi je suis amoureux d’elle, monsieur. Ça fait deux ans que je suis avec elle ! », sa voix se brise, ses yeux se mouillent, et l’on pourrait alors imaginer son âme blessée de voir une si jolie histoire de cœur se briser sur les articles 225 et 324 du code pénal (car même s’il n’était pas déclaré coupable, la jeune femme, elle, est sortie de son giron, la curatrice et le père y veillent). Mais le tribunal sort, et les yeux sont secs, et les mains qui se tordaient se détendent, il a à parler à son avocate. Business is business. La jeune femme qu’il a harcelée des yeux pendant l’audience s’effondre à nouveau, étouffant ses cris contre le ventre de son père, à en perdre le souffle.

Il sera jugé le 17 janvier prochain, il est maintenu en détention, il ne la regarde plus.

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