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MiLady
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Message par defaut Quand t’es pute en France, t’as que deux options

le Lun 03 Déc 2018, 14:52
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Quand t’es pute en France, t’as que deux options : adorer ton travail et être une salope ou détester ton travail et t’opposer fermement au système « prostiTUEUR » (expression employée par les abolos).

Le tapin, c’est le seul travail où on va dresser des statistiques foireuses à partir de la question suivante : « Si tu pouvais gagner autant d’argent que tu en gagnes en tapinant MAIS sans tapiner, est-ce que tu continuerais à tapiner ? » La plupart des travailleur-ses vont répondre « non ». Mais le chiffre est complètement biaisé. Allez poser la même question à des serveurs-ses en restaurant/fastfood, à des caissier-ères, à des vendeur-ses… Les résultats seraient sensiblement les mêmes. Mais tout le monde s’en fiche que le vendeur du coin fasse son travail par passion ou pas ; à vrai dire, on la connaît la réponse : il fait ça pour bouffer et payer son loyer, et, de temps en temps, se payer un beau manteau ou, quand les affaires tournent bien, des vacances – comme tout le monde. Personne n’attend de lui qu’il s’extasie devant son métier en disant : « un véritable empowerment, wow, j’adore vendre des pantalons, y a un vrai contact humain super plaisant, d’ailleurs j’aime tous mes clients, et ça fait de moi l’homme le plus libre du monde, vous devriez essayer, c’est in-cro-yable ! » Pourtant, c’est ce qu’on attend des putes. Si tu ne t’extasies pas devant ton métier, tu es une victime.
Les débats sont souvent manichéens quand on parle de tapin – surtout lorsque deux camps s’opposent mais que parmi eux, PERSONNE n’est concerné-e par la question, car on reste en général assez éloigné de la réalité vécue par les TDS à cause de la loi péna par exemple, et ça devient juste un concours de qui-a-la-plus-grosse, laissant totalement de côté NOS préoccupations premières. D’un côté, les abolitionnistes, selon lesquels il y a les pauvres victimes-de-viol-tarifé à sauver et les grosses salopes pro-culture du viol privilégiées-qui-se-rendent-pas-compte-de-la-chance-qu’elles-ont. Et de l’autre, les pro-sexe, qui diront inlassablement que « y-a-des-femmes-qui-adorent-ça-et-puis-c’est-de-l’empowerment », comme si c’était forcément un travail passion qui permettait un empuissancement des femmes.
En fait, c’est un peu plus compliqué. Si on pouvait tout plaquer et gagner des thunes quand même, on le ferait, comme, j’imagine, 95% des gens (oui, moi aussi, je fais des statistiques baisées). Rares sont les TDS qui exercent par passion du cul - perso, c'était plutôt "passions des thunes". C’est un travail « comme un autre » (je mets des guillemets parce que c’est pas vraiment vrai, ça ne l’est que dans ce que je veux dire, là, tout de suite) : il y a des gens à qui ça convient plus ou moins pour telle ou telle raison, des gens qui n’aiment pas trop, des gens qui parfois sont super content-es de faire ce taf et d’autres fois en ont marre, sont fatigué-es ; globalement, l’idée c’est pas de dire que c’est génial. L’idée, c’est que ça permet de vivre et que parfois, ben c’est le meilleur choix à faire – comparé à bosser en usine ou à avoir un rythme de travail hyper soutenu qu’on n’aurait pas pu supporter physiquement et/ou psychologiquement. De ce point de vue-là, c’est un travail « comme les autres » (toujours entre guillemets) et les travailleur-SE-s sont légitimes à revendiquer des DROITS.
Il serait donc temps d’arrêter de diaboliser comme d’enjoliver le travail du sexe. Ce n’est ni un paradis, ni un enfer – je parle du TRAVAIL du sexe, pas de l’esclavagisme sexuel, qui évidemment, est un enfer. C’est un TRAVAIL, avec ses aspects pratiques et ses côtés chiants (contre lesquels on lutte du mieux qu'on peut). Et les putes ne vous doivent rien, les putes n’ont aucun devoir d’adorer leur taf ni de le détester. Elles doivent juste avoir le droit de l’exercer sans crainte et sans emmerdes, dans des conditions décentes et secure, peu importe votre avis moral sur la question, on s’en tape, ce n’est pas le problème.
Aux non-concerné-es (comme Solveig Halloin) : notre existence n’a pas à être le sujet de vos débats stériles. Laissez les TDS qui le souhaitent travailler dans des conditions sécurisantes, et aidez celleux qui veulent en sortir à en sortir. Le combat, il est là.

Au passage, merci à Samantha et à Thierry Schaffauser pour leur récente intervention dans "Balance ton Post" sur la question de la dépénalisation des clients, et bravo pour le sang-froid face à la désespérante [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], toujours autant incohérente et vide dans ses propos.

Sexworkers rights = human rights !

Texte de Leeloo de Coligny

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Faire plaisir à quelqu'un est le seul motif que je trouve encore savoureux
Henri-Frédéric Amiel

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TestorFR
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Message par defaut Re: Quand t’es pute en France, t’as que deux options

le Jeu 06 Déc 2018, 11:21
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:
Au passage, merci à Samantha et à Thierry Schaffauser pour leur récente intervention dans "Balance ton Post" sur la question de la dépénalisation des clients, et bravo pour le sang-froid face à la désespérante [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], toujours autant incohérente et vide dans ses propos.
On m'a communiqué le lien de l'émission pour la visionner en replay, je suis resté sur le cul quant aux propos de Solveig Halloin.
Il est évident qu'elle parle d'un sujet qu'elle ne maîtrise pas du tout.

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Testor
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