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HannaH
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Message par defaut Prostitution : "Il ne reste que les 'mauvais' clients"

le Lun 09 Juil 2018, 09:54
Depuis l'entrée en vigueur de la loi de 2016 sur la prostitution, les risques de contamination au virus du sida (VIH) se sont accrus chez les travailleuses du sexe. Et les soins ont reculé.

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"Les entretiens (avec les travailleur.se.s du sexe) évoquent de manière inquiétante un recul de l'usage du préservatif, ainsi que des ruptures de traitement pour les personnes séropositives. » Cette phrase est passée un peu inaperçue dans le rapport publié en avril par onze associations de défense des prostituées, sur les conséquences de la loi du 13 avril 2016. Ce texte a-t-il aggravé la situation épidémiologique du sida chez l'une des populations les plus exposées ? Conçu pour pénaliser les clients, il a effectivement fait fuir la majorité d'entre eux. Mais a, du même coup, inversé le rapport de force.

"Avant, c'est moi qui choisissais qui je faisais monter dans mon camion, témoigne Joséphine, une "traditionnelle" (qui a toujours travaillé sans proxénète, ndlr) du bois de Vincennes, dans le métier depuis quarante-trois ans. Aujourd'hui, ils sont de plus en plus rares. Alors je n'ai pas le choix." La pénurie de clients est si importante que le temps de travail a doublé depuis 2016, pour des revenus divisés par deux, estiment les prostituées interrogées.

Hausse des prestations "nature"
"Dans le métier, les fins de mois difficiles ont toujours existé, mais là, je n'arrive plus à payer mon loyer", ajoute Patricia, une autre traditionnelle de Vincennes. Stress, fatigue, longues heures d'attente en talons de 12 cm... La pression économique oblige donc les travailleuses à accepter les seuls clients qui restent. "Et il ne reste que les 'mauvais'", regrette Françoise Gil, présidente de l'association Les Amis du bus des femmes. Comprendre : ceux qui profitent de cette précarité pour exiger des rapports non protégés. "Dans les années 2000, grâce aux politiques de prévention, on n'avait plus de problème à imposer le préservatif, raconte Florence, 30 ans de rue. Mais depuis deux ans, la demande pour les prestations 'nature' (sans préservatif, ndlr) a doublé."

Sa collègue renchérit : "On me le demande plus d'une fois sur deux." Toutes celles que nous avons rencontrées assurent refuser. Mais les témoignages rapportant que "d'autres le font" sont fréquents. "L'autre jour, un client m'a demandé une fellation nature : s'il l'a demandé, c'est qu'il sait que ça se fait, surtout à Boulogne", reconnaît Patricia. Autre signe tangible souligné par le rapport : les associations recueillent plus de témoignages de ruptures de préservatifs et plus de demandes d'IVG (interruption volontaire de grossesse). Tim Leicester, coordinateur à Médecins du Monde, décode : "Ça veut dire en réalité qu'il y a davantage de rapports non protégés. Parmi notre public, beaucoup admettent ne pas avoir systématiquement recours au préservatif, à la demande du client." Les tests de dépistage rapide montrent une augmentation des infections sexuellement transmissibles : "En deux ans, on est passé de 4,1 % de tests positifs à la syphilis à 7,7 %", souligne Tim Leicester.

Une mobilité forcée
Selon les associations, la loi a aussi compliqué l'accès aux soins. "A cause de la pénurie, les prostituées sont contraintes de se rendre dans d'autres villes, d'autres régions, voire dans les pays limitrophes, explique un responsable du pôle santé au Bus des femmes. Certaines qui étaient sous PrEP (protocole préventif du virus du sida, VIH, ndlr) à l'hôpital Bichat, à Paris, ont alors raté des rendez-vous de traitement." Une mobilité forcée qui les laisse démunies lorsqu'elles ont besoin en urgence du traitement post-exposition. "Beaucoup de Chinoises qui ne parlent pas français passent par un intermédiaire pour trouver des clients, explique Tim Leicester. Elles se rendent pour un mois à Bordeaux, Dijon, etc., où elles ne connaissent personne et ne savent pas à qui s'adresser."

Les clients, eux, courent moins de risques : une fellation ne peut pas être contaminante pour celui qui la reçoit, et la probabilité d'infection par rapport vaginal est deux fois plus grande pour la femme que pour l'homme, d'après une étude de l'Agence de santé canadienne sur les risques comparés. "Ceux qui réclament ces rapports estiment prendre un risque en allant voir des prostituées, et exigent qu'elles en prennent aussi", déplore Françoise Gil. Ce genre de clients a toujours existé. Avant 2016, les prostituées prenaient le temps de négocier : elles seules risquaient de se faire arrêter pour racolage.

Mais depuis la loi, la pression policière s'est accentuée, assurent les associations. "A Vincennes, les prostituées n'ont plus seulement affaire à la police, avec qui elles avaient un accord stipulant qu'elles ne se montraient pas le mercredi et le week-end (jours des enfants, ndlr) en échange d'une certaine tolérance, explique Françoise Gil. Désormais, c'est la chasse aux clients, puisque c'est la loi. Cette pression oblige les prostituées à les faire monter à toute vitesse." Sans possibilité de négociation du préservatif.

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Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier : 
La femme qui a un mari et un amant est une prostituée pour l'un des deux et souvent pour tous deux, et puis je ne saurais consentir à céder la place à un autre.

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