Partagez
Aller en bas
avatar
HannaH
Admin
Admin
Messages : 333

Age : 37
Localisation : Vaud
http://escort.forumactif.com/

Message par defaut Violences sexuelles: Quand les travailleurs du sexe n'ont pas droit au statut de victime

le Mar 24 Avr 2018, 19:58
Une ancienne actrice porno, Marion Bogaert, a raconté ne pas avoir été prise au sérieux par la police et la justice après avoir été violée.
Loin d’être un cas isolé, l’exemple de cette actrice révèle les difficultés pour les travailleurs du sexe à être reconnus en tant que victimes.


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Marion Bogaert est une ancienne actrice porno. Après avoir été élue [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], en 2010, la jeune femme, âgée de 27 ans aujourd’hui, a « tourné quatre ou cinq films ». Le 29 décembre 2012, elle a été victime d’un viol, raconte-t-elle à [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Lorsqu’elle se rend au commissariat pour déposer plainte, elle fait mention de son activité professionnelle. Un an plus tard, elle apprend que « l’affaire a été classée sans suite » malgré les « preuves ». « Personne ne m’a prise au sérieux », déplore-t-elle. Avant de souligner : « Les travailleuses du sexe qui se font agresser, comme moi, ne sont pas reconnues. »

Ex-actrice et réalisatrice de films X, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a entendu « un certain nombre d’histoires comme ça » dans sa vie. Des comédiennes, reconnues par des admirateurs, qui « viennent les voir dans la rue et les tutoient » parce qu’elles font « partie de leur vie, de leur intimité ». Après les avoir vues, sur l’écran de leur ordinateur en plein ébat sexuel, ces hommes « ne comprennent pas qu’elles refusent leurs avances ». D’autant qu’il y a de moins en moins de mise en scène dans les productions d’aujourd’hui, ce qui « renforce la confusion entre spectacle et réalité », explique-t-elle à 20 Minutes.

« Impunité des agresseurs »
« Leur travail consiste à être des objets de fantasme masculin, à affirmer une sexualité débordante, insatiable », explique Mathieu Trochman, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] (Institut national d’études démographiques) et auteur du livre Le travail pornographique, enquête sur la production de fantasmes*. « Le fait de faire ce travail brouille les frontières entre intimité et professionnalité, entre privé et public. Elles sont aux prises d’hommes qui se permettent, sous prétexte de les avoir vues dans une scène, de les aborder. Ce travail-là, et ça vaut aussi pour la prostitution, légitime une impunité des agresseurs qui empêche leur reconnaissance en tant que victime. »

Selon Ovidie, actrices ou prostituées ne sont pas prises au sérieux à cause du « discours ambiant qui tend à démontrer que, de toute façon, elles ne sont pas consentantes dans la plupart de leurs rapports sexuels professionnels, indique-t-elle. Par conséquent, un rapport sexuel de plus ou de moins, ce n’est pas grand-chose. Sauf qu’une travailleuse du sexe victime d’un viol est traumatisée comme n’importe quelle autre femme. » « C’est plus difficile pour les travailleuses du sexe de se faire reconnaître en tant que victime de violences sexuelles », confirme Mathieu Trochman.

« On ne nous croit pas »
Une étude, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], montre que depuis l’adoption en 2016 de la loi permettant de verbaliser les clients, les prostituées sont de plus en plus victimes de « violences physiques et sexuelles ». « Nous représentons des cibles idéales pour plein d’agresseurs », confie Thierry Schaffauser, porte-parole du Strass (Syndicat du travail sexuel), qui tient un blog hébergé par Libération. « Mais quand on nous viole ou que nous sommes victimes de violence, on ne nous croit pas. Ca fait des siècles que la parole des putes n’est pas crédible. »

Lorsqu’elles viennent en parler au Strass, les victimes ne sont pas aiguillées vers les commissariats. « On écrit directement au procureur et on se porte partie civile pour être certain que la plainte soit enregistrée, sinon on n’a aucune garantie que cela est fait », poursuit Thierry Schaffauser. Il faut aussi dire que de nombreuses victimes, souvent « étrangères », n’ont pas « confiance » dans la [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. « Parfois, les agents récupèrent leur adresse. Quelques jours plus tard, leur propriétaire se retrouve accusé de proxénétisme et elles se retrouvent jetées de leur appartement. Le système est fait pour nous décourager de lutter contre les violences qu’on subit. »

« Le stigmate de putain »
Pour Ovidie, la difficulté de la société et des institutions à reconnaître le statut de victime aux travailleurs du sexe constitue une forme de « punition » destinée à les « faire revenir dans le droit chemin ». « Quand il leur arrive des bricoles, on sous-entend qu’elles l’ont bien cherché parce qu’elles ont travaillé avec leur corps. » Thierry Schaffauser a lui aussi entendu trop souvent les policiers dire « c’est bien fait pour toi, on t’avait prévenue que ça allait arriver ». « Quand on dénonce des violences, on nous dit que, par essence, elles sont intrinsèques au travail sexuel, que nous nous mettons en danger et qu’il faut nous interdire d’exercer pour nous protéger », ajoute-t-il.

C’est ce que Mathieu Trochman appelle « le stigmate de putain », qui pèse tout particulièrement sur les travailleurs du sexe. « C’est un rappel à l’ordre pour toutes les femmes. Dès que l’une d’elles affirme par exemple un goût pour la sexualité, dit trop clairement son désir sexuel, elle est susceptible de subir des violences qu’on doit comprendre comme des rappels à l’ordre d’une bonne sexualité féminine. »

* « Le travail pornographique. Enquête sur la production de fantasmes », La Découverte, collection « Genre et sexualité », 2013

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

_________________
Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier : 
La femme qui a un mari et un amant est une prostituée pour l'un des deux et souvent pour tous deux, et puis je ne saurais consentir à céder la place à un autre.

                              [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]                                                    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum