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HannaH
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Message par defaut PETIT LEXIQUE DE LA PROSTITUTION PARISIENNE AU XIXE SIÈCLE

le Lun 19 Fév 2018, 10:40
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Bien établi dans les rues de la capitale depuis des siècles, le commerce des charmes a connu son âge d’or sous le Second Empire. Cette époque qualifiée d’immense « fête impériale » a non seulement vu émerger les [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et se développer les [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], mais a grandement étendu le vocabulaire lié à la prostitution. Voici quelques mots à connaître avant de s’aventurer du côté libertin de la capitale !

Abbesse : dès le XVIIIe siècle, la littérature libertine a usé, par convenance mais aussi amusement, d’une langue riche pour parler prostitution. Au point de s’emparer de l’un des langages les plus chastes : celui de la religion ! Au quotidien, une abbesse est la mère supérieure d’un monastère. Si on transpose cette définition dans le cadre de la prostitution, cela signifie naturellement que l’abbesse est la mère supérieure de toutes les sœurs prostituées… En d’autres termes, la tenancière d’une maison de passe, la patronne !

Allumeuse : c’est un terme que certains continuent d’utiliser pour désigner une personne qui cherche, supposément, à exciter le désir… Ce terme nous vient-il du fait qu’une allumeuse cherche à allumer la flamme d’un amour potentiel ? Pas du tout ! Ce surnom nous vient de l’époque où la capitale était [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Le terme désignait alors les prostituées qui arpentaient les rues aux premières heures de la nuit : ainsi, elles se trouvaient sur le trottoir en même temps que les allumeurs de réverbères.

Entôleuse / Entauleuse : sous le Second Empire, une entôleuse est une prostituée qui vole les clients des autres ou qui détrousse ses propres clients. On retrouve l’utilisation de ce terme à la fois dans l’argot policier et populaire. À cette époque, « tôle » n’est pas encore utilisé pour désigner une prison, mais pour parler de toute forme d’habitation. On imagine que le terme tient son origine du fait qu’en volant, on ramène quelque chose, qui ne nous appartient pas, chez soi !

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Une demi-mondaine qui accoste un potentiel client. Loge dans la Sofiensaal, Josef Engelhart, 1903.


Faire la chandelle : non, on ne parle pas de la posture que l’on a tous exécutée en cours de gym au collège ! Au tournant du XIXe et du XXe siècle, l’expression « faire la chandelle » est utilisée pour parler d’une prostituée qui stationne à un endroit précis, souvent devant un hôtel de passe, pour attendre ses clients. Elle fait le pied de grue, en « chandelle ».

Faire le tapin : en voilà une expression que l’on connaît bien ! Mais savez-vous pourquoi on utilise ce terme « tapin » pour désigner le fait de racoler sur la voie publique ? Si l’expression en tant que telle est synonyme de « faire le trottoir », étymologiquement, le mot « tapin » ne désigne pas un trottoir, mais un « soldat qui bat le tambour » sur la voie publique. Un peu comme une prostituée, en somme.

Lorette : ce terme apparu dans les années 1830 sous la monarchie de Juillet désigne lui aussi une prostituée, mais pas n’importe laquelle : une femme qui officie et réside aux alentours du quartier de Notre-Dame de Lorette, au cœur de la Nouvelle Athènes. Avant l’apparition des « [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] » sous le Second Empire, elles font partie des courtisanes les plus réputées et les mieux loties de la capitale.

Pierreuse : contrairement aux lorettes et aux cocottes qui s’établissent en public et profitent d’une belle réputation, les pierreuses sont considérées comme l’échelon le plus bas de la prostitution. Elles officient clandestinement, dans les quartiers excentrés et malfamés de la capitale. Elles tiennent leur nom du fait qu’elles exercent dans les carrières situées en bordure de Paris ou sur des terrains vagues.

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Olympia, Édouard Manet, 1863, musée d’Orsay.


Rouchie : encore un mot pour désigner une prostituée ! C’est ainsi qu’Émile Zola définit Nana dans son septième ouvrage de la série des Rougon-Macquart, L’Assommoir : « Que Nana fît la noce, si elle voulait; mais, quand elle venait chez sa mère, qu’elle s’habillât au moins comme une ouvrière doit être habillée. (…); Les Boches avaient défendu à Pauline de fréquenter cette rouchie, avec ses oripeaux. » Comme on peut le voir dans cet extrait, le terme rouchie est généralement utilisé de manière peu flatteuse.

Se retrouver à Saint-Lazare : le quartier de la gare Saint-Lazare, mise en service en 1837, était bel et bien l’un des endroits préférés des prostituées et de leurs clients à la fin du XIXe siècle, mais l’on ne parle pas de cela ici. L’expression était utilisée en cas d’arrestation pour racolage. À cette époque, la [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], depuis devenue la [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], était un établissement pour femmes et une grande majorité des prisonnières étaient des prostituées. Il valait mieux donc ne pas « se retrouver à Saint-Lazare » !

Verseuse : À la fin du XIXe siècle, les brasseries et autres débits de boisson se démocratisent dans la capitale. De nouveaux lieux que l’on appelle « brasseries à femmes » se multiplient alors. Les « verseuses » (jolie contrepèterie !) qui officient dans ces établissements entraînent les clients à boire en simulant des rapports de séduction. Certaines vont plus loin et proposent ensuite des relations tarifées aux clients.

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Crédit photo de couverture : « L’Attente » (1880) de Jean Béraud (1849-1935) ©️ Dist. RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Franck Raux – Paris, Musée d’Orsay

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Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier : 
La femme qui a un mari et un amant est une prostituée pour l'un des deux et souvent pour tous deux, et puis je ne saurais consentir à céder la place à un autre.

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Juice
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Message par defaut Re: PETIT LEXIQUE DE LA PROSTITUTION PARISIENNE AU XIXE SIÈCLE

le Sam 24 Fév 2018, 10:11
Merci pour ce petit lexique, et puis avec cette loi de pénalisation nous allons pouvoir reparler des pierreuses rapport à la clandestinité.
Étonnant de constater que le retour en arrière ne paraît pas effrayer le législateur
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