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HannaH
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Message par defaut Alicia, victime de violences policières, témoigne

le 21.12.17 22:43
Alicia (prénom modifié) a le courage de témoigner courageusement à visage découvert pour toutes celles qui subissent des abus sans pouvoir se défendre
Récit violent d'une rafle basée sur le profilage racial et de genre. (Rafle au Bois de Boulogne, la suite)


Mardi 19 décembre à 21h au Bois de Boulogne, Alicia (nom modifié) est surprise avec un client dans sa voiture en plein rapport sexuel. La police, accompagnée d’une interprète hispanophone dès le début de la rafle, réalisait une opération spécifique de «contrôle des flux migratoires» lors de laquelle vingt à trente femmes ont été arrêtées.

La police a immédiatement séparé Alicia de son client. Ils lui ont demandé ses papiers d’identité, tandis que le client a été libéré sans aucune notification d’infraction. Puis la police lui a demandé si elle avait un titre de séjour en France, et lui ont signifié qu’ils l’emmenaient au commissariat du 16 e arrondissement pour un contrôle d’identité alors même qu’elle avait déjà présenté une preuve de son identité.

Alicia a tenté de protester rappelant qu’elle n’avait commis aucune infraction, que le racolage est à présent légal en France, et demandant pourquoi c’est elle et non son client qui était arrêtée. Ses questions ont semblent ils énervé la police qui lui ont demandé de se taire, lui précisant que ce n’était pas une pute étrangère qui allait leur apprendre la loi.

Alicia a expliqué qu’elle avait peur d’être expulsée car elle pouvait être assassinée dans son pays d’origine en tant que femme trans et travailleuse du sexe. La police s’est alors montrée violente à son égard. Tombée à terre, elle se blesse le visage gravement. Profitant qu’elle soit à terre et bien qu’étant en sang, un policier lui met un coup à la tête, un coup de poing dans le visage ainsi que des coups dans les côtes. Tout de suite, elle se retrouve menottée et insultée, puis giflée au visage alors qu’elle a les mains dans le dos.

Alicia tente de réagir en disant qu’il est illégal de la frapper. La police lui dit de se taire, que c’est faux, et qu’elle n’avait pas intérêt à dénoncer les violences car sinon ce serait pire pour elle. L’interprète a insisté pour lui dire «s’il te plait ne dis pas que tu vas dénoncer les violences de la police». Elle a malgré tout continué à insister qu’elle allait dénoncer les violences policières. L’interprète lui a alors dit «n’oublie pas que c’est toi qui est en tort car tu n’as pas de papiers en France». A croire donc que le droit français accorde à la police tout acte de violence à l’égard d’une personne sans papiers...

Pendant la garde à vue, elle a demandé à être soignée car elle saignait de partout. C’est seulement après deux heures, à la vue du sang dégoulinant de son visage qu’elle a finalement été emmenée à l’hôpital parisien de l’Hotel Dieu. Accompagnée à l’Hotel Dieu, on lui constate un «traumatisme facial avec douleur de la cloison nasale + en sous orbitaire droit majoré à la palpation» avec renvoi vers un médecin traitant alors qu’elle n’en a pas, car sans papiers. Immédiatement, elle a été ramenée au commissariat. Tout le temps, elle reste menottée du début à la fin de sa détention.

TRANSPHOBIE

Une fois de retour au poste, on commence au travers de l’interprète, à lui poser des questions sur ses parties génitales, en préparation d’une fouille corporelle. Elle répond que ses papiers sont féminins car elle a obtenu un changement d’état civil. La traductrice lui répond que si elle ne précise pas si elle a un pénis ou un vagin elle va compliquer sa garde à vue, prétextant que les personnes trans présentent souvent des faux papiers, et qu’elle devait préciser si elle était passée par une opération ou non. L’interprète lui demande de ne pas revendiquer son changement d’état civil car en France ce ne serait soi disant jamais reconnu par la police, qui ne se base que sur les parties génitales des personnes.

On peut se demander si on pose la même question aux personnes cisgenres sur leurs parties génitales lors de leur garde à vue, et en quoi il est utile de mettre à nue une personne pour contrôler son droit au séjour. Alicia se trouve détenue en cellule pour hommes avec les femmes trans tandis que les femmes cisgenres sont placées dans une autre cellule. La police a continué à questionner son changement d’état civil au point qu’ils se sont en parallèle renseignés sur la loi de son pays, car ils cherchaient à lui attribuer une fausse déclaration d’identité, tout en lui rappelant à chaque fois, que pour l’état français, elle était un homme.

L’interprète n’a pas traduit le procès verbal dans son ensemble en français, et a juste demandé à Alicia de le signer. Dans le PV, il est indiqué des mensonges comme le fait qu’elle n’a jamais été menottée alors qu’elle l’était pendant toute sa retenue. Le PV prétend que la retenue a duré 8 heures alors qu’elle a duré 18 heures. Le PV prétend qu’elle était prévenue de son droit à ne pas signer alors qu’on ne lui a au contraire pas laissé le choix. Le PV dit qu’elle a été libérée à 13h15 alors qu’elle n’a pu sortir qu’après 15h. Alors qu’elle avait précisé vouloir arrêté le travail sexuel, jamais elle n’a été informée qu’elle pouvait bénéficier d’un « parcours de sortie de la prostitution » (avec obtention d’un titre de séjour de six mois). Le PV était un document préparé d’avance pour toutes les gardées à vue, avec seulement des trous à remplir au stylo. Jamais Alicia n’a été informée de ses droits, notamment celui de voir un avocat, ou un médecin qu’elle a du réclamer. Le PV prétend qu’elle a pu contacter et prévenir un de ses proches de sa retenue alors que son téléphone était confisqué.

Pour protester contre les mauvais traitements policiers, les politiques répressives et les expulsions des travailleurSEs du sexe, une pétition a été lancée ici par le STRASS qui exige l’annulation de toutes les OQTF délivrées contre les travailleuses du sexe lors de cette rafle ou lors d’autres circonstances. Vous pouvez également contacter l’association Acceptess T qui accompagne Alicia pour la soutenir pendant qu’elle ne peut plus travailler suite à ses blessures.

http://ma.lumiere.rouge.blogs.liberation.fr/2017/12/21/alicia-victime-de-violences-policieres-temoigne/

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MiLady
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Message par defaut Re: Alicia, victime de violences policières, témoigne

le 23.12.17 23:03
C'est juste effarant ce qui lui ait arrivé, pétition signée

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